Abstrait ≠ Concret

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COLONISER LA LUNE N’EST PLUS UN FANTASME

février 3rd, 2010 · 3 Commentaires · Science

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J’ai pas mal bossé en décembre dernier sur une série de dix interviews de personnalités se distinguant un peu du commun des mortels en raison de leur volonté manifeste d’influer sur le futur. A cette occasion, parmi les artistes, entrepreneurs, et autres doux rêveurs, j’ai  pu bavarder un bon moment avec Dennis Hope, un Ricain du genre sacrément illuminé, mais loin d’être le dernier des cons à l’heure de se faire de la thune. Aussi taré soit-il, Dennis Hope a en fait eu l’idée géniale, un jour de 1980, de profiter d’une faille juridique dans le traité de l’ONU relatif au droit de l’Espace pour théoriquement s’approprier la Lune, Mars et toutes les autres planètes et satellites du système solaire. Si l’idée peut sembler ridicule de prime abord, Hope a pourtant flairé le bon coup et a vendu tellement de millions de demi-hectares à 20$ qu’il en est aujourd’hui multimillionnaire, a créé son propre gouvernement et tout un tas de trucs assez farfelus sur le papier mais qui incitent tout de même à se poser quelques questions. Je vous invite donc à lire l’interview complète de l’énergumène, publiée fin janvier sur Gonzai, avec quelques passages dignes des plus grands romans de science-fiction:

“Dans la mesure où le Gouvernement Galactique est désormais pleinement opérationnel et possède ses propres locaux, notre but pour l’année 2010 est de travailler sur le vaisseau que nous avons breveté. Je ne peux vous expliquer les détails de ce système de navigation, mais en se basant sur les tests théoriques et techniques que nous avons réalisé, je suis en mesure de vous annoncer que ce vaisseau nous permettra de rejoindre la Lune en une trentaine de minutes. Nous devrions également pouvoir voyager vers Mars dans le même laps de temps. Cela signifie que nous pourrons à l’avenir nous déplacer de la Terre vers les autres planètes du système solaire dans une structure permettant aux être humains de voyager dans l’espace de manière sécurisée et extrêmement rapide.”

Mais au delà du délire d’un seul homme, la Lune abrite en fait de nombreuses ressources énergétiques indisponibles sur Terre, qui poussent nombre de pays, à commencer par la Chine, à s’intéresser de très près à la possibilité de la coloniser en y installant bases permanentes et autres appareils pour forer les ressources en question. A l’heure où Barack Obama vient d’annoncer publiquement l’abandon du programme de retour sur la Lune entérinée par George W. Bush en 2004 suite au crash de la navette Columbia, c’était l’occasion de dresser le panorama de la situation et se demander si oui ou non, la possibilité de vivre sur la sur l’unique satellite de la Terre un jour est-elle une parfaite utopie ou non. C’est tout frais, c’est en ligne sur Slate.fr depuis lundi:

“Pour autant, si les Etats-Unis tergiversent, d’autres s’intéressent également de près à Lune et semblent faire preuve de moins retenue. Autorités indiennes, gouvernement russe, coalition européenne et Chinois ont eux aussi bien saisi les enjeux d’une colonisation de la Lune. Notamment ceux des ressources énergétiques disponibles en grande quantité sur la Lune. Dès 2006, la CNSA, l’agence spatiale chinoise, annonçait ainsi son objectif d’explorer la Lune grâce à des robots puis des êtres humains vers 2025-2030.”

Vous l’aurez compris, je vous invite à lire tout ça attentivement, c’est tout à fait dans l’esprit de ce que vous avez l’habitude  de trouver dans ces colonnes. Enjoy.

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LE ZENTAI OU LA PRATIQUE DE L’AMOUR AVEC UNE CAGOULE EN SPANDEX

janvier 27th, 2010 · 19 Commentaires · Société

Zentai Spandex

Une vie ne serait sans doute pas suffisante pour passer en revue toutes les lubies, bizarreries et autres dégénérescences inhérentes à la société japonaise. De facto, les Nippons sont les champions universels à l’heure d’élaborer variantes de fétichisme et déviances sexuelles. Pourtant, en comparaison avec les amateurs de petites culottes de lycéennes souillées de cyprine et de pertes blanches et autres producteurs de sick porno – à l’instar de Genki dont la spécialité consiste à fourrer les vagins de jeunes filles consentantes de pieuvres et autres anguilles – les amateurs de Zentai ont tout d’une bande de petites frappes. Grand bien leur en fasse, ils n’ont visiblement aucun problème ça.

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PEDOBEAR EST SIMPLEMENT L’OURS LE PLUS DROLE DU MONDE

janvier 12th, 2010 · 32 Commentaires · NERDZ CULTURE

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Inutile de se mentir plus longtemps, l’ours est traditionnellement un animal considéré comme trop cool ou pire encore trop cute. Une simple réflexion sur la symbolique sociétale de cette sale boule de poil permet de se rendre compte que tous les parents en refilent à leurs marmots en guise de peluche, que ta mère – pourtant réputée comme une insensible notoire – a chialé en matant le film éponyme et que même si Timothy Treadwell se fait dévorer comme une merde à la fin, Grizzly Man de Herzog constitue un documentaire tout bonnement fantastique. On ne peut d’ailleurs décemment pas en vouloir à l’ours affamé et coupable de lui avoir arraché la tête, Timothy avait quand même bien cherché la merde. Par conséquent, il n’y a tout simplement rien d’étonnant à ce que l’un des meilleurs mèmes du monde mettent en scène un ours tout trognon au premier abord, qui se  révèle en réalité être un putain de pédophile jusqu’à la moelle. Cet ours s’appelle Pedobear. Cet ours est l’ami des enfants. Des enfants de moins de douze ans de préférence.

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AVANT L’HOMME, LES RUSSES SONGENT SERIEUSEMENT A ENVOYER UN SINGE SUR MARS

janvier 2nd, 2010 · 9 Commentaires · Science

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Si nous étions tenus de résumer la genèse humaine à l’histoire de ses conquêtes, on affirmerait alors sans sourciller que le XXe siècle aura été le siècle de la conquête de l’espace. L’espace étant justement la notion qui sied le mieux à notre perception de l’infini, on pourrait être tenté de considérer que nous avons déjà atteint les limites substantielles de notre quête d’exploration. Ne reste plus dès lors qu’à aller plus loin dans l’exploration de l’infini. En conséquence, tout comme le fut son prédécesseur, le XXIe siècle sera également celui de la conquête de l’espace. En plus de retourner sur la Lune afin d’y exploiter un certain nombre de ressources énergétiques, l’autre grand objectif des quatre-vingt dix années à venir devrait consister à envoyer un de nos congénères, pour la première fois, sur une autre planète du système solaire. Mars selon tout vraisemblance. Or, on sait très bien depuis soixante ans que lorsque l’on parle conquête de l’espace, les Russes sont toujours prêts à foutre une carotte aux autres pays du globe, histoire de se poser en pionniers pour l’éternel. Si ces derniers semblaient dans le gaz en matière de découverte spatiale depuis qu’ils se sont fait salement enflés avec l’arnaque de guerre des étoiles de Reagan, voilà qu’ils songeraient de nouveau à faire parler d’eux en balançant des singes dans une navette pour Mars. [Lire la suite →]

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PETIT GUIDE URBAIN DE SURVIE DANS UNE FORET MONTAGNEUSE PENDANT AU MOINS… TROIS HEURES

décembre 13th, 2009 · 27 Commentaires · NERDZ CULTURE

Bear grylls man vs wild

Dans l’univers de nos petites vies bien calées en territoires occidentaux, quelque part entre une télévision, un canapé, un supermarché et un frigo, la notion de survie s’est progressivement transformée en quelque chose qui ressemble à trouver un kébab ouvert à six heures du matin en sortant de boite de nuit pour compenser l’échec de ne pas avoir pécho. Les producteurs nord-américains de télévision ont alors réalisé que dans la mesure où nous sommes devenus des fiottes, refourguer des programmes justement basés sur cet impératif de survie ne pourrait que nous fasciner. Et voilà comment toute une génération de branleurs se retrouve à se pignoler sur les exploits de Bear Grylls, ancien marine britannique et alpiniste chevronné, lâché épisode après épisode dans les lieux les plus inhospitaliers du globe, avec comme unique objectif de survivre par tous les moyens. L’affaire a beau être truquée par moment – faut pas déconner hein c’est de la télé – Man vs Wild, nous file du rêve à la pelle. En l’espace de quatre ou cinq années à peine, la survie est devenue une mode, un phénomène de société. Hier les gamins de dix ans se filmaient en reproduisant les conneries de Jimmy Knoxville et ses acolytes pour les foutre sur Youtube. Aujourd’hui, les mêmes s’entrainent à faire du feu avec deux bouts de bois et prennent un ton pédagogue pour nous expliquer les petits trucs pour réussir son feu de paille. N’étant moi-même qu’un gosse éternel, j’ai profité d’un petit weekend dans le Jura pour établir à mon tour mon propre guide de survie en montagne, me remémorant à chaque instant les précieux conseils de Bear Grylls. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ce n’est pas gagné…

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TOURISME DE GUERRE, MEGALOMANIE ET DEMOCRATISATION A OUTRANCE DU DROIT D’EXPRESSION

décembre 5th, 2009 · 2 Commentaires · Abstrait

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Pas d’article sur Abstrait ≠ Concret cette semaine pour la bonne simple raison qu’une journée ne fait malheureusement que vingt-quatre heures. Néanmoins, même si la lecture ne s’effectuera pas dans ces colonnes, je vous invite à lire trois articles signés par ma pomme, publiés sur trois sites différents, mais sur des sujets qui devraient assurément capter votre attention. Le dépaysement ne devrait donc pas être trop violent. Ma bonne dame, aujourd’hui nous avons donc:

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Le tourisme est un sport de combat

Le touriste occidental a une faculté insondable de sombrer dans le pathétisme qui a de quoi faire chialer. Favelas, bidonvilles, Tchernobyl, bande de Gaza, tout y passe…

Malgré les possibilités quasi infinies à sa disposition aujourd’hui, cet éternel insatisfait que constitue le touriste occidental en veut encore plus. Surtout celui à tendance bourgeois-bohème-impliqué-dans-la-marche-du-monde. Ce qui le botte désormais, c’est le grand frisson, les guerres, les catastrophes naturelles… en résumé, tout ce qui peut lui procurer un bon shoot de sensations fortes… encadrées. La demande pour ce «tourisme de choc» étant récurrente et parfaitement dans l’ère du temps, l’offre n’a pas tardé à suivre.

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Les réseaux sociaux ou la démocratisation à outrance du droit d’expression

Vous êtes sans doute au courant, la première décennie du premier siècle du troisième millénaire est sur le point de s’achever. Chez Gonzai, plutôt que de faire comme tout le monde et jeter un regard sur ce qu’on doit garder de cette décennie, on a décidé de prendre le contre-pied dans une série d’articles hebdomadaires sobrement intitulés Worst of 2000’s.

Quand on est devenu un nerd-journalist en l’espace de bien moins d’une décennie – métamorphose absolument terrible à laquelle aucune relation amoureuse ne peut survivre – impossible de songer aux années 2000 sans y associer l’émergence des réseaux sociaux. Le réseau social est devenu le mégaphone ultime. On y susurre un son baroque, un cri aigu, une mélodie branlante qui en ressort à un niveau potentiellement amplifiable et modulable à l’infini. N’importe quel élucubrateur isolé tend désormais ses bras au monde, l’implorant lascivement de l’écouter, de le lire, de le prendre… Et de lui dire d’aller se faire foutre?

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Booba: Petit éloge de la mégalomanie quotidienne

Booba était en concert la semaine passée à la Cigale dans le XVIIIe arrondissement parisien. Bouteille de Jack, cailleras qui filment avec leur portable, meufs hystériques et apologie de la thune, pas de doute, c’était bien lui.

Lire la chronique (pas très longue donc pas d’extrait)

Je vous rappelle enfin que vous pouvez retrouver plein d’article en cliquant sur le lien “LOIC H. RECHI #!?” discrètement glissé dans la barre de navigation, en haut à droite.

Bonne lecture.

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ALAN HECOWSKI: UNE JOURNEE AVEC BERNARD

novembre 26th, 2009 · 11 Commentaires · ALAN HECOWSKI

Wine Bar Counter Bottle

Alan Hecowski est un curieux personnage rencontré au gré de quelques pérégrinations nocturnes parisiennes. Sans concession, sa vision de l’existence ne lui attire pas que des sympathies.

Une journée avec Bernard.

15h30.

Quelle salope. On sortait de l’assos et il a fallu que cette pute me renvoie à la gueule ma condition d’alcoolique dépravé. Qu’est-ce que ça peut bien lui foutre à celle-là que je sois un clodo? Alan t’es qu’une merde elle m’a dit. Comme ton père je lui ai répondu. Le truc qu’elle ne comprend pas cette pétasse, c’est que je n’en ai strictement rien à branler d’être un alcoolo ou un bon à rien. Aucun de ces petits connards bourrés de bonnes intentions n’enlèvera jamais à la picole, cette alchimie qui rend le quotidien un peu supportable. Avec l’intention ferme de se démonter la gueule, on a embrayé en direction de chez Pierrot. Bernard a payé la première rasade de ballons de rouge. Il a beau être RMIste, ce gars là n’est pas le dernier des salauds dans ce trou de merde.

17h.

Monique, tout juste au sortir au lit à cause de la même sale cuite que tous les soirs, est venue nous rejoindre. Faut être honnête, on forme une belle paire de sacs à vin les deux. D’ailleurs, ça fait pitié à dire, mais on sait très bien l’un comme l’autre que si on n’était pas des poivrots, on n’aurait rien à foutre ensemble, petite bourgeoise ravagée par la vie qu’elle est. J’ai tenté lui mettre une main au cul en guise de salutation. Raté. J’ai eu juste eu le droit à une tape hostile sur le bras, une de ces marques de non affection qui fait mal comme un coup de bague sur un os, en même temps qu’un relent de chiottes crasseuses se confondait avec un grommellement émanant de la cavité qui lui sert de bouche. Le Didier ça l’a fait marrer ça. La bouteille et demie de pinard que je m’étais déjà sifflé me fila grandement l’envie de lui en coller une pour voir s’il rigolerait toujours autant. Mais on ne frappe pas un mec qui invite. C’est l’alcool qui fait faire ce genre de conneries. Le mec qui invite, on le méprise si on veut, mais ce gars là, on respecte sa générosité.

18h30.

Le rouge c’est pour les tarlouzes alors on est passé au jaune. Gisèle, la voisine de Bernard qu’il se farcit de temps en temps, quand il n’est pas trop cuit, est venue nous rejoindre. Je ne comprends pas pourquoi elle traine avec des sous-merdes comme nous. Cette nana, elle a lu des livres, Zola et des trucs comme ça je crois. Elle a fait des études après son bac et au final, elle est là tous les jours, avec ses robes à fleurs de grand-mère et ses bourrelets à se pochtronner la gueule avec des branleurs dans notre genre. Trois mecs, la quarantaine, assis à une table derrière nous ont commencé à gueuler des conneries, des histoires de vaccins contre la grippe A avec des puces électroniques pour contrôler les gens. C’étaient des ouvriers dans le bâtiment ou un truc du genre. Le plus gros des trois, un Portugais à moustache, n’était pas d’accord avec les deux autres crevards. Tout ce petit monde semblait pourtant s’accorder quand il s’agissait de mater le gros de cul de Gisèle. On a continué à boire des pastis pendant une heure au moins, puis je me souviens qu’un des mecs a foutu du Berger sur le jukebox. On commençait à être sérieusement ivre mort. Gisèle faisait son petit numéro de séduction au grand maigre, Bernard parlait en souriant à l’oreille de Monique. Moi, je continuais à ingérer du liquide.

20h.

Bernard avait cramé toute la thune qu’il avait en poche et ce n’est pas cette rapace de Monique qui allait continuer à rincer. Alors on est partis du bar. Tout le long du chemin asphalté nous menant à la baraque de Bernard, il avait fallu supporter Gisèle paradant comme une catin devant le maigre qui avait suivi. Bernard semblait totalement passif, subissant simplement le manège de séduction qui se déroulait sous yeux. Absent, les yeux fuyants et embués par l’alcool, ses rares moments de reconnection avec la réalité se traduisaient par quelques attentions naturelles et autres sourires. Adressés à Monique bien entendu. Arrivés rue de la rédemption, Gisèle nous faussa compagnie pour rejoindre son foyer. Le maigre s’engouffra à son tour dans la fente de la maison, prélude d’une autre pénétration à venir. La petite maison de Bernard, que j’avais, selon ses dires, déjà eu l’occasion de fouler à l’occasion d’un soir dont j’ai oublié l’existence, tenait du taudis. L’odeur rance d’alcool et de linge crasseux sembla plaire instantanément à cette salope de Monique, jamais la dernière à se complaire dans la fange.

20h30.

Une demi-heure avait suffit à couler la bouteille en plastique de piquette que Bernard avait mis au frais quelques heures auparavant, à son retour de la supérette. Les échanges de regards se multipliaient de manière incessante entre Monique et Bernard. Des regards insoutenables. Pourtant, c’est aussi dans ce contexte qu’émergea une complicité entre Monique et moi que nous n’avions jamais connue. Je contemplais Monique avec fougue. Bernard caressait la même femme du regard, mais avec énormément de tendresse. Monique au centre de ce trio infernal semblait en tirer une satisfaction infinie. Son iris scintillait d’une manière absolument anormale, comme peuvent le faire les machines sur une chaine de production qui s’emballent quelques instants avant de passer définitivement le cap de non-retour. Bernard, trop ivre et distrait, ne se rendait pas compte de la flamme infernale qui s’apprêtait à consumer le trio éphémère que nous formions. L’espace-temps qui aurait pu permettre un retour en arrière encore possible venait de se refermer subitement. Je m’absentai quelques instants pour me rendre dans la cuisine.

20H45.

A mon retour, Monique et Bernard, m’offrant la vision de leurs deux dos, vautrés sur le sofa miteux en toile, s’embrassaient violemment. Monique enfonçait ardemment ses ongles dans l’épaule d’un Bernard qui grognait littéralement de bonheur. La lame de quatre centimètres d’épaisseur pénétra dans le bas de son cou relâché et vint déchirer complètement  la chair de ce coq impertinent. Cet enculé de Bernard hurla jusqu’à la mort, payant les conséquences d’un amour avorté. Telle une carpe d’élevage qui ne connaitra jamais l’honneur d’être pêchée en compétition, il flottait sur le dos, dans une mare de sang noire comme la colère qui m’habitait. Monique me jeta alors un regard d’une intensité jamais égalée par le passé, scellant le zénith d’une complicité qui n’atteindrait jamais plus ce point culminant.

21H30.

Bernard, encore vivant mais plongé dans les ténèbres de l’inconscience, avait glissé du canapé et gisait désormais au sol. Monique, habitée d’une passion que je croyais impossible chez elle, lui avait arraché les yeux à l’aide d’une cuillère à soupe une vingtaine de minutes plus tôt alors que j’avais déjà pris le soin d’égorger la bête, exactement comme dans ces vidéos d’otages qu’on avait un jour regardé sur l’ordinateur. Son intestin, et toute la merde qui se balade dans nos entrailles, jonchaient le tapis qui recouvrait la majeure partie de son petit salon. Monique, dans un état d’exaltation proche de la folie, le défroqua alors, et trancha son sexe inerte, à l’aide du couteau avant de le brandir telle une petite fille émue par l’obtention de sa première médaille de gymnastique. A cet instant précis, elle relâcha la bite de Bernard sur sol et me prit au creux de ses bras. Nous nous embrassâmes longuement, la sensation que cela dura des heures, une communion absolue, sachant pertinemment que ce premier projet que nous venions de mener à bien après des années de relation serait probablement aussi le dernier. Balbutiant, ivres d’alcool et de bonheur, je saisis le téléphone posé sur la petite commode en bois située dans le coin du salon pour composer machinalement le numéro de la police. Hagards et couverts de fluides poisseux, nous quittâmes finalement les lieux pour regagner notre appartement. Nous avions réalisé quelque chose ensemble. ENSEMBLE. C’est Gisèle, horrifiée, qui découvrit le corps vers une heure du matin.

Alan Hecowski

NDA: Toute similarité avec les personnes impliquées dans ce fait-divers serait parfaitement fortuite.

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AU VENEZUELA FACEBOOK EST DEVENU L’ARME ULTIME DES ESCROCS ET DE LA POLICE

novembre 20th, 2009 · 7 Commentaires · Politique

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Soyons honnête, entre les boulets qui surgissent de notre passé pour nous mettre le grappin dessus, les psychopathes qui assassinent leurs exs parce qu’elles ont eu le malheur d’opter pour le statut single, ou les inconnues sorties de nulle part, que l’on a un jour ajoutées parce qu’elles avaient l’air bonnes sur leur profile picture, on pensait que Facebook avait démontré tout l’étendue de son potentiel. Et puis non, il a fallu que des crétins viennent nous emmerder avec des chaines de photos pathétiques du genre « my best friends en tête de cartoon », que des développeurs nous pourrissent avec des quizz merdiques et bourrés de fautes d’orthographe, et que des branleurs nous invitent à devenir fan d’eux-mêmes et de leur prétendu talent de photographe, tout ça parce que leur grue a eu le malheur de leur offrir un reflex Canon pour Noël. Heureusement au Venezuela, les mecs sont bien plus inventifs que ça. Pour eux, Facebook, c’est avant tout l’outil idéal pour préparer des cambriolages ou mieux encore fliquer les dissidents.

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L’IMMORTALITE SCIENTIFIQUEMENT ENVISAGEABLE D’ICI 20 ANS: SEULEMENT POUR LES RICHES?

novembre 12th, 2009 · 22 Commentaires · Science

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Le désir d’immortalité, la quête du Graal – et en attendant le progrès médical – sont autant d’artifices et de douces rêvasseries pour nous donner une raison d’espérer que non, on ne finira pas sous terre, les couilles dévorées par des vers translucides dégoulinants, ou les cendres souillées, voguant au large, prises dans une flaque d’hydrogène consécutive au dégazage sauvage d’un pétrolier moisi. Au regard du passé, les évolutions en matière d’espérance de vie sont permanentes. Des démographes de notre époque ont établi que cette espérance de vie en question était de l’ordre de 25 ans au XVIIe et XVIIIe siècle, ce qui paraît tout bonnement hallucinant quand on sait qu’à peine deux cents années plus tard, une Jeanne Calmant cassait sa pipe à l’âge de 122 ans. Pourtant, aux dires de certains illuminés, ce record de longévité humaine pourrait bien se révéler anecdotique d’ici une vingtaine d’années à peine grâce à la démocratisation des nanotechnologies. Et voilà qu’on reparle d’immortalité pour demain…

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CHESS-BOXING (VIDEO) ET CULTURE PARISIENNE EN PERIL

novembre 4th, 2009 · 17 Commentaires · Culture

Une fois n’est pas coutume, profitons d’Abstrait ≠ Concret pour mettre en avant deux enquêtes sur lesquelles j’ai passé un bon moment à bosser dernièrement. La première concerne le Chess-Boxing, un sport absolument inédit et déroutant. Inventé par le dessinateur Enki Bilal dans les années 90, le Chess-Boxing met aux prises deux combattants s’affrontant aux échecs lors des rounds impairs, et à la boxe pendant les rounds pairs. Est déclaré vainqueur celui qui couche l’autre à l’aide de ses poings ou en le mettant échec et mat. Or, depuis 2003, Iepe Rubingh, Hollandais résidant à Berlin a entrepris le pari assez taré de transposer ce sport fantasmé à la réalité. Le premier combat officiel organisé en France avait lieu au 104, la semaine passée, dans le cadre de la foire d’Art Contemporain SLICK Paris, et en bon filou, j’étais évidemment de la partie. Je propose donc en “avant-première” ci-dessus – à moi aussi, l’utilisation du terme “avant-première” me file envie de vomir – la vidéo réalisée par mes soins lors du combat, qui viendra en complément de l’article qui sera normalement disponible ce week-end en ligne sur Gonzai.

Par ailleurs, je viens également de terminer une enquête sur les problèmes et les risques récurrents de disparition de ces lieux proposant une alternative culturelle crédible au cocktail Vodka Redbull à 14 euros / artistes mainstream. Pour ceux qui s’en branlent mais aiment bien se donner bonne conscience, rappelons qu’ils peuvent toujours trouver un groupe-pétition facebook auquel s’inscrire, ça fera peut-être un bon sujet de discussion en soirée ce weekend.

Enfin dernière chose, puisqu’on est dans l’auto-promotion dégoulinante et totale, je rappelle qu’en cliquant sur le lien LOIC H. RECHI #?! situé dans le menu en haut à droite du site, vous avez accès à un certain nombre d’articles écrits par ma gueule sur d’autres sites pas trop dégueus. C’est régulièrement mis à jour, donc je me répète, mais n’hésitez pas à checker de temps à autres.

Merci de votre attention (vous pouvez désormais m’insulter).

EDIT: L’article sur le chess-boxing est désormais en ligne.

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