Abstrait ≠ Concret

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ROLLAND COURBIS : ENTRETIEN FLEUVE AVEC UN DROLE DE ZIG DU FOOT FRANCAIS

octobre 11th, 2012 · 19 Commentaires · Société

Rolland Courbis est sans aucune forme possible de doute l’un des personnages les plus connus et atypiques du football en France, une discipline ravagée par ce mal contemporain qui veut que la parole soit diluée dans des discours insipides. Dans ce milieu où les mots débités finissent par n’exprimer aucune substance, Courbis détonne, répond sans détour et se pose en archétype du mec fort en gueule qui se fout royalement du qu’en-dira-t-on. Sa science du bon mot et ses qualités de tacticien plus doué que la moyenne en ont d’ailleurs fait un excellent client de la société du spectacle, qui depuis bientôt quinze ans – de Canal + à France 2 en passant par RMC et BFM TV aujourd’hui – n’a plus su se passer de ses services.

Mais comme tout personnage hors du commun, Rolland le minot des quartiers nord de Marseille traîne aussi sa part d’ombre. Est-ce son sens de la débrouille plus aiguisé que la moyenne qui a fini par le conduire en prison pour de sombres histoires financières liées à la gestion de transfert de joueur ? Honnêtement, ce serait se perdre dans bien des conjectures que de prétendre répondre à cette question. Mais pour autant, il serait réducteur et malhonnête de s’arrêter à ces lignes placardées sur la porte d’un casier judiciaire, pour dessiner le portrait de celui que les auditeurs de RMC ont pris l’habitude de surnommer « Coach ».

Régulièrement affublé de manière paresseuse du qualificatif de personnage « pagnolesque », Rolland Courbis est un type plus complexe qu’il n’y paraît, plus sensible sans doute qu’il aimerait le laisser croire. Derrière ce cliché du Marseillais charismatique à grande gueule, la discussion avec le gaillard laisse transparaître un homme attaché à des valeurs simples comme savoir dire « merci », un individu qui nourrit aussi quelques rancœurs à l’égard de ceux – et notamment des journalistes – qui l’ont trahi ou sali pendant qu’il était en détention.

En fait, Rolland Courbis est globalement un type qui en a ras le cul qu’on lui reproche ce qu’on ne reproche pas aux autres, un compétiteur agacé qu’on ne retienne que son absence de palmarès là où il a souvent œuvré pour sauver des clubs de la relégation et réussi des exploits sportifs pas forcément attendus. Pendu en permanence à ses deux téléphones Nokia désuets qu’il ne coupe jamais, « Rolland le différent » est allé au delà de ses réticences initiales pour deux longs moments d’entretien, sans la langue de bois habituelle propre à son milieu de référence.

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FEUILLETON : UNE SEMAINE SUR UN PAQUEBOT COSTA CROISIÈRES

septembre 10th, 2012 · 5 Commentaires · Société

Parmi les choses passionnantes qui ont émaillé cet été 2012, j’ai eu le loisir de passer une semaine à bord du Costa Voyager, un des paquebots de la flotte de Costa Croisières, ce croisiériste devenu mondialement célèbre le jour où l’un de ses capitaines – le dénommé Francesco Schettino – a eu la sale idée de s’approcher un peu trop près du rivage de l’île du Giglio, déchirant le Costa Concordia, un fleuron de 290 mètres de long qui flotte désormais comme un étron au large de cette petite parcelle de l’Italie.

Pour autant, les armateurs de ces mastodontes des mers – Costa et les autres – n’ont pas tardé à surpasser ce petit incident, bénéficiant du vent clément qui souffle sur le marché des croisières grand public. Or ce segment touristique étant loin d’être mature en France, le taux de fréquentation des navires explose année après année. Dès lors, finis les séjours all-inclusive en club de vacances, désormais le touriste doté d’un pouvoir d’achat un peu raisonnable peut s’offrir le luxe d’une semaine de croisière.

Des quantités de nourriture astronomique aux conditions de travail des employés, en passant par la logique commerciale implacable pour saigner le client – souvent inconsciemment consentant – à tous les instants, j’ai donc passé une semaine curieuse, pas complétement désagréable, mais globalement abracadabrantesque sur l’un de ces fameux bateaux de croisière, à décrypter tout ce qui pouvait l’être, me plaçant dans le rôle de l’infâme journaliste incapable de profiter ses vacances et juste bon à trouver un truc à redire sur tout.

Une fois n’est pas coutume, je vous liste donc les liens vers les cinq épisodes de ce feuilleton au long cours écrit pour le compte de Slate.fr et donc publié sur là-bas :

- Épisode 1 : « J’ai passé sept jours sur le Costa Voyager » :

http://www.slate.fr/story/61247/costa-croisiere-costa-voyager-1

- Épisode 2 : « Un premier jour sans fin » :

http://www.slate.fr/story/61257/costa-croisiere-costa-voyager-2

- Épisode 3 : « Pendant une croisière, on mange comme un gros sac » :

http://www.slate.fr/story/61277/costa-croisiere-costa-voyager-3

- Épisode 4 : « Où l’on tente de s’occuper et l’on finit irrémédiablement par boire » :

http://www.slate.fr/story/61291/costa-croisiere-costa-voyager-4

- Épisode final : « Réflexions sur le temps suspendu et l’enfer du travailleur » :

http://www.slate.fr/story/61397/costa-croisiere-costa-voyager-5

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LA JEUNESSE ISLANDAISE : UN JOUR APRÈS LA CRISE

avril 19th, 2012 · 10 Commentaires · Société

Longtemps, j’ai vécu avec l’idée fixe qu’il fallait aller absolument en Islande parce qu’il devait forcément s’y produire une sorte de révolution culturelle, à commencer au sein de la jeunesse. Un an avant, l’Islande s’était mangée dans la gueule la crise économique la plus violente de son histoire, un séisme qui en l’espace de quelques semaines embrasa tous les recoins et toutes les âmes de ce petit pays de 320 000 habitants.

L’histoire est on ne peut plus banale. Pendant une quinzaine d’années, de 1991 à 2004, le Parti Indépendant – la droite du pays – sous l’impulsion du Premier ministre David Oddsson, libéralise tout ce qui peut l’être, à commencer par la pêche, l’énergie et les capitaux. Quand Oddsson laisse sa place de Premier ministre, c’est pour prendre la tête de la banque centrale du pays dans la foulée. Il supervise alors avec bienveillance la folie des banquiers qui consentent des crédits à tout va aux Islandais grâce à quelques montages foireux à l’étranger. En 2008, ce socle de crédits spéculatifs vole en éclat et les banques islandaises – très interdépendantes – s’écroulent une à une. Incapables d’assurer leurs obligations à l’égard de leurs clients, celles-ci sont nationalisées en catastrophe, histoire d’éviter que le pays n’implose.

La crise qui s’ensuit est sans précédent et pour la première fois de mémoire d’Islandais, des dizaines des milliers d’individus descendent dans les rues en décembre 2008 et janvier 2009, érigent des barricades et traquent même physiquement ces banquiers et hommes politiques qu’ils estiment – à raison – être responsables de la catastrophe qui leur tombe dessus.

Un an et demi plus tard, le 17 juin 2010, je débarque donc en terre de glace, à la recherche de la progéniture islandaise, accompagné de David Arnoux, ami et fidèle photographe. L’avion atterrit à Keflavik, l’aéroport de Reykjavik à deux heures du matin, mais à cette période de l’année, la nuit ne tombe plus. C’est le jour de la fête nationale.

Arrivé dans le centre-ville, je me retrouve plongé dans l’ivresse de ceux que je suis venu chercher. La jeunesse est là, complètement défoncée. Le sol est jonché de bouteilles en verre et de vomi. Les individus se déplacent par petit groupe, passent d’un bar à l’autre et ressemblent à la jeunesse de n’importe quel État occidental. D’autres, trop jeunes pour rentrer dans les bars, remontent Laugavegur – l’artère principale – et friment comme des tocards, picolant à bord d’énormes 4×4 peut-être achetés par leurs parents avec un de ces crédits foireux.

Le temps de poser nos affaires dans une auberge du centre que nous voilà déjà dans un bar à descendre des shots d’un alcool sombre infâme en compagnie de Philippe, un Français installé là-bas depuis cinq ans. Le garçon travaille dans un bar branché du centre, connait un peu tout le monde à Reykjavik (une ville de 120 000 habitants) et nous explique rapidement que nombre de jeunes entre 20 et 35 ans ont à peu près tout arrêté pour se concentrer sur la création artistique.

La nuit avance et il nous traine à Bakkus, haut lieu du cocon artistique local. Nombre de jeunes gens que je fréquenterai dans les jours suivants y travaillent; tous sans exception y squattent pour picoler. J’y finirai régulièrement mes nuits, croisant même quelques illustres personnalités locales comme Jónsi, le chanteur de Sigur Rós. Au delà de son statut de lieu de socialisation et de débauche, Bakkus est un premier indicateur de la situation et cristallise le refus de ces jeunes de se construire une carrière classique, préférant à peine subsister économiquement pour se concentrer sur leur art.

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J’AI PASSE UNE NUIT A TRAQUER LES OVNIS DANS LE COL DE VENCE [REPORTAGE]

décembre 9th, 2011 · 24 Commentaires · Société

Crédits photo : Vincent Desailly

C’est ce qu’on appelle un grand écart. Une heure et demie plus tôt, j’avais les pieds dans le sable, étalé de tout mon lard sur une plage sponsorisée par une infâme marque de soda, à enquiller des cocktails à l’œil. Le destin avait fait qu’on était tombé en plein festival de Cannes. Je n’étais pas venu dans le sud pour jouer les gratteurs de tise au milieu du plus grand raout de journalistes, acteurs, intermittents du spectacle et autres wannabe en représentation mondaine. Quand bien même je ne renâcle jamais à l’idée de picoler à l’oeil, ma présence dans quelques recoins de la French Riviera était avant tout motivée par une chose et une seule : aller au Col de Vence. Plateau lunaire aussi magnifique que glaçant, l’endroit a pour réputation d’être le haut-lieu de l’observation ufologique en France. Au coeur de l’arrière pays niçois, ce majestueux caillou titille les mille mètres d’altitude. Il attire autant des allumés en mal de frissons et de spiritualité foireuse que des passionnés d’ufologie persuadés que leur persévérance à traquer les moindres manifestations d’objets volants non répertoriés dans les catalogues des Airbus, Boeing et autres Dassault, leur permettra à terme de faire éclater la vérité à la face du monde. Ces ufologues se plaisent à exposer les possibilités, mais dès lors qu’ils se prennent un peu au sérieux, disons que c’est un peu plus difficile d’essayer de leur faire avouer quoi que ce soit. Ils jouent les types qui se refusent à privilégier la moindre hypothèse, de peur de sombrer dans le discrédit, quand bien même ils sont intimement persuadés que le monde – à commencer par le Col de Vence – serait visité quotidiennement. Une heure et demi plus tard donc, après un trajet en compagnie du photographe Vincent Desailly, nous étions au pied de ce satané col, objet de tous les fantasmes exotiques à la sauce méridionale.

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CINQ SEMAINES DANS L’ENCLAVE DE CEUTA AVEC LES MIGRANTS : REPORTAGE PHOTO

novembre 16th, 2011 · 7 Commentaires · Ailleurs

Ceuta, enclave espagnole au nord du Maroc, morceau d’Europe en Afrique, territoire soigneusement protégé par  un grillage de six mètres de haut, sur plusieurs kilomètres, surveillé nuit et jour par des bataillons de soldats espagnols. Ce qu’on appelle communément un mur. Chaque année, des centaines de migrants se démerdent pourtant pour contourner cette barrière. Ils passent  en général par la mer, et risquent leur vie dans des bateaux gonflables – ou à la nage pour les plus pauvres d’entre eux, avec des chambres à air de pneu en guise de bouée. L’entrée dans Ceuta marque souvent une étape forte, d’un long voyage extrêmement physique censé les mener à l’Europe. Ils viennent des quatre coins de l’Afrique, et ont au moins tous traversé le Sahara, craint les passeurs en Algérie et essuyé les coups de la flicaille marocaine. Mais une fois à l’intérieur de l’enclave – parfois après dix tentatives avortées – c’est la léthargie qui succède à la lutte physique. Ils ont beau être en Europe, Ceuta ne fait pas partie de l’espace Schengen, ce qui les condamne à attendre que l’état espagnol statue sur leur cas, soit en demandant à leur pays d’origine de les rapatrier – ce que lesdits pays ne font pas toujours – soit en les acceptant sur son territoire.

A vrai dire, j’ai eu l’occasion de parler à plusieurs reprises de Ceuta, que ce soit dans ces colonnes ou celles d’OWNI, et une fois n’est pas coutume, je ne vais pas écrire un article de six pieds de long.

J’y suis allé à deux reprises avec mon compère Jonathan Millet. On a fini par y rester cinq semaines cet été, en immersion totale avec ces migrants, ces « aventuriers » selon la terminologie dont ils se sont affublés. Nous avons tourné un documentaire à cette occasion, un film intitulé « Ceuta douce prison » qui résume la situation d’attente interminable à laquelle ils sont soumis à l’intérieur de ce confetti balnéaire espagnol. Je vous propose donc une plongée avec une quinzaine de photos légendées pour vous imprégner de l’atmosphère parfois dégueulasse, mais parfois pleine d’une drôle de grâce qui règne dans ce bout d’Europe claquemuré.

NB : le documentaire est aujourd’hui en cours de production. Il devrait sortir dans le courant de l’année 2012. Vous pouvez découvrir le projet en détail sur la page KissKissBankBank qui lui est dédié et nous aider un peu en faisant un don financier.

(Pour voir les photos en grand format – ce que je recommande fortement – cliquez dessus)

Le CETI signifie centre de séjour temporaire pour immigrants. Les migrants en question peuvent y entrer et en sortir librement entre 7h et 23h. Pas besoin de centre fermé à Ceuta, c’est la ville toute entière qui fait office de centre de rétention.

Guy, un Gabonais de 26 ans bloqué dans Ceuta depuis trois mois, a écopé d’une punition par la direction du CETI pour une sombre histoire de vol de téléphone. Il est tenu de balayer la route qui mène au centre une heure par jour pendant une semaine. Il y voit surtout une occasion de déconner avec ses potes, et de siffler des bières en « travaillant ».

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A NEW-YORK, DES SDF JOUENT AU FOOTBALL POUR SE SORTIR DE LA MERDE

septembre 9th, 2011 · 13 Commentaires · Société

Crédit Photo: Antoine Doyen (2010)

Lundi 11 octobre 2010. Je vis le premier jour de ma vie sur le continent américain. Par le truchement d’une série de hasards et de désistements, je suis planté au milieu d’un carrefour de Harlem, au croisement de la 125ème et de Lexington, à guetter l’arrivée d’un bus qui stigmatise nécessairement ses passagers. Il va sans dire que je ne suis pas très serein. Alors que seuls quelques individus semblaient véritablement l’attendre quelques secondes plus tôt, voilà que l’habitacle du M35 – tout juste arrivé – ploie déjà sous la pression d’une marée humaine. Les corps de dizaines d’individus s’entrechoquent dans une violence aussi physique que sociale. Selon un article du New-York Times consacré à ce bus emprunté uniquement par des homeless – parce qu’il ne dessert que des foyers de sans-abris – les utilisateurs ont en fait l’habitude d’attendre dans la bouche de métro ou les boutiques à côté, ne pointant leur ganache qu’au moment où celui-ci se vient s’arrimer le long de la chaussée. Beaucoup des individus qui se succèdent au portillon, ont des mines patibulaires. Tout l’imaginaire des milliers d’heures de films et de séries américaines emmagasiné l’espace de toute une vie, ressurgit. Cette pensée a beau être ridicule, je ne peux m’empêcher d’avoir l’impression d’être plongé, l’espace de quelques secondes, dans un épisode de The Wire. La plupart de ces types me rappellent les gangstas de Baltimore et l’accent au couteau qui va avec de paire avec ce genre d’existence. D’autres seraient dignes de jouer les figurants dans un long-métrage sur la culture des pimps.

Le sentiment manifeste de ne rien n’avoir à foutre ici, de n’être absolument pas à ma place dans ce bus à l’ambiance malsaine, m’envahit malgré moi. Aucun regard menaçant pourtant, ni même d’attention ou de curiosité prolongées à notre encontre, dans ce bus où le photographe, un vieux psychopathe et moi-même, sommes les seuls blancs au milieu d’une soixantaine de reunois et de quelques latinos. Nombre de gars hurlent sans arrêt avec des intonations exagérément ghetto, exhortant le chauffeur à démarrer son putain de bus. Puis sans raison apparente, le ton monte entre le blanc psychotique et un afro-américain au visage plutôt doux. Ce dernier engage les hostilités verbales. Il taxe le vieux taré de raciste. Le ton monte salement entre les deux bonhommes. L’illuminé se retourne sans cesse alors que son opposant est pourtant debout à sa gauche. Les yeux de ce fou aux longs cheveux blanc dégagent une expression terrifiante. Ses gesticulations incessantes traduisent une condition mentale piteuse. La pluie se met à tomber et des éclairs fracassent bientôt le ciel noir new-yorkais alors que les insultent fusent de part et d’autre. Je ne bouge plus et me demande ce que je fous assis là, coincé dans ce putain de bus à l’arrêt depuis pas loin d’un quart d’heure. Je ne dis rien et le photographe assis à ma gauche non plus. Il est pourtant impensable de bouger d’un pouce. C’est dans ces situations qu’on passe des caps mentaux. Je repense à l’heure et demie dans les pattes de la police marocaine à la frontière de Ceuta, six mois plus tôt, en mars 2010, un de ces désagréables moments à foutre sans doute dans le même sac. Alors on se donne de la contenance pour oublier la peur inhérente à ces situations à dix milles lieux de sa petite vie quotidienne et je me surprends à me trouver pathétique, en m’écoutant bafouiller quelques mots sur la pluie à l’attention de mon collègue. Surprenant, cette pluie soudaine hein?

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MISS FRANCE AU PAYS DES LABEURS

juillet 8th, 2011 · 9 Commentaires · Société

Crédit photo: Vincent Desailly

Samedi 4 décembre 2010. A l’issue d’un mois de préparation et de briefing entre la France et les Maldives, Laury Thilleman, une étudiante bretonne en deuxième année à l’ESC Brest est élue Miss France devant sept millions de pèlerins scotchés à leur poste. Comme chaque année, le cirque warholien se met en branle, propulsant au rang de célébrité une jeune fille jusque là parfaite anonyme. Etre débarquée de la sorte dans le merdier médiatique ambiant aurait de quoi être perturbant pour plus d’une jeune fille, mais deux mois après son élection, Laury Thilleman, 19 ans, a tout l’air d’une donzelle équilibrée qui ne se la raconte pas. Elevée dans une famille de classe sociale moyenne, elle semble empreinte d’une certaine humilité et prête une attention non-feinte à chacun de ses interlocuteurs, émerveillée par cette nouvelle fonction. Côté coulisse, elle peut compter fermement sur une équipe de soutien acquise à sa cause. Il y a la directrice de la société, Sylvie Tellier – elle-même ancienne Miss France – dans le rôle du chaperon médiatique, Juliette Parizy, son attachée de presse – en permanence à ses côtés – qui joue les femmes de l’ombre et quelques autres employés affiliés à Endemol. A écouter Juliette qui s’occupe de chaque Miss France depuis cinq années, ce petit monde formerait avant tout une famille sur laquelle Laury peut s’appuyer jour et nuit. Côté business, Miss France reste avant tout une petite machine économique qui ne tourne pas trop mal. Rachetée en 2002 par la société de production Endemol à Geneviève de Fontenay pour la somme de six millions d’euros, on peut estimer que le concours génère une centaine de milliers d’euros de bénéfices chaque année pour la société Miss France. Cette réalité est autrement plus juteuse par contre pour TF1 qui encaisse en moyenne 5 millions d’euros bruts de revenus publicitaires, l’espace d’une unique soirée. Conséquence de cette manne à gratter, 2011 aura été l’année du grand n’importe quoi, avec l’organisation de deux autres concours nationaux en parallèle. Miss Nationale par Geneviève de Fontenay elle-même, ainsi qu’un autre concours obscur répondant également au nom de Miss France, d’anciens associés de la vieille dame au chapeau en revendiquant la possession originelle. En résumé un beau bordel avec lequel Endemol ne transige pas, multipliant les discrets recours en justice.

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DE LA DIFFICULTE DE TROUVER DES SOURCES CREDIBLES SUR LES LEGENDES UFOLOGIQUES

mai 23rd, 2011 · 11 Commentaires · Ailleurs

Samedi soir dernier – à peu près au moment où DSK demandait « De quoi s’agit-il? » à des officiers américains dans un avion d’Air France – je me trouvais pour ma part au fin fond de l’arrière pays niçois, au Col de Vence, un endroit considéré comme un haut-lieu de l’observation ufologique en France. A l’occasion de ce reportage qui sortira dans quelques semaines dans Snatch Magazine, le type qui nous servait guide au milieu d’un paysage lunaire, dans une ambiance nocturne et franchement glaçante, nous toucha quelques mots sur un phénomène à ce jour inexpliqué: les artefacts de l’Oural. L’histoire étant alléchante, j’ai un peu sondé les internets – faute de mieux – pour voir ce qu’il s’y racontait. Je n’ai pas été déçu du voyage.

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LES TIRAILLEMENTS MODERNES DE LA SUEDE

avril 18th, 2011 · 17 Commentaires · Société


Des bouleaux et des sapins comme seule distraction visuelle. Le reste n’est une immense surface recouverte de la neige qui tapisse la Suède depuis plusieurs mois. Au milieu de ce tableau, un train qui file sans précipitation, habité par un noble dessein, fendre la monotonie et l’inertie de cette campagne encore endormie par l’hiver. Les dix-sept-heures de voyage qui séparent la capitale suédoise de ces quelques villes coincées au delà cercle polaire, sont propices à la rêverie. Ils laissent aussi tout le loisir de ressasser les impressions et digérer les discours entendus pendant les jours précédents.

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LE TOP 5 DES TUEURS ANTHROPOPHAGES OCCIDENTAUX

février 7th, 2011 · 25 Commentaires · LES TOP 10 D'ABSTRAIT ≠ CONCRET

Hormis les cas de Nicolas Cocaign, le cannibal de Rouen et d’Issei Sagawa, le Japonais du Bois de Boulogne, d’autres assassins  tout aussi siphonnés ont défrayé la chronique occidentale au cours des cent dernières années en bouffant leurs victimes. Si on peut difficilement les qualifier de cannibale, la notion de rituel étant complètement absente dans leur démarche, il n’empêche que les actes incriminés ont largement de quoi faire pâlir les meilleurs scénaristes en la matière. J’en profite pour caler en fin d’article une interview sur la question que j’ai réalisé avec le psychanalyste George Henri Melenotte.

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