Aujourd’hui c’est jeudi, or le jeudi c’est… cryptozoologie. Commençons avec un peu d’étymologie pour se mettre en jambe. Crypto vient du grec Kruptos qui signifie caché et la zoologie est l’étude scientifiques des animaux. A partir de là, on se creuse un peu les méninges et on en déduit que la cryptozoologie est l’étude des animaux dont l’existence n’a jamais été prouvée de manière formelle. Dans la famille des animaux dont on a jamais pu prouver l’existence, rappelons qu’on a Nessie, le monstre du Loch Ness, le Yeti, le Bigfoot (également appelé Sasquatch), l’Almasty ou encore d’autres monstres marins avec des noms de ouf du genre Pohénégamook, Champie, Memphré et même Caddy! On apprend aussi sur la page Wikipedia dédiée aux monstres marins que le sujet est un marronnier habituel de la presse écrite au mois d’août. Des blogs aussi désormais.
Mais pourquoi vous parler de Cryptozoologie. Hormis le fait que le terme sonne assez bien à l’oreille, j’envisageais de vous pondre un papier sur les rebondissements récents (rebondissement étant toutefois un bien grand mot ici…) dans les histoire de Yéti et de Bigfoot. Puis en lisant des trucs à droite et à gauche, j’en suis arrivé à cette histoire de cryptozoologie. Du coup, j’ai pensé autant faire d’une pierre, deux coups. Aujourd’hui, un papier général sur la crypto (ouais on parle comme ça dans le métier) puis un autre dans la foulée sur Yéti et Bigfoot. Le prochain donc.
Pour en revenir à nos crypto-monstres et autres humanoïdes, l’invention de la cryptozoologie est attribuée au zoologue belge Bernard Heuvelmans, suite à l’écriture d’un ouvrage en 1955 répondant au doux nom de Sur la piste des bêtes ignorées. L’invention du terme lui-même, par contre, n’est pas de lui. Evidemment, et c’était prévisible, la cryptozoologie n’a aucune crédibilité auprès de la communauté scientifique, qui lui chierait bien à la gueule si elle pouvait. Toutefois en raison du devoir de retenue, les scientifiques se contentent de parler de pseudo-science et restent très sceptiques à l’égard de cette discipline. En toute logique, on peut les comprendre. Car comprenez bien là qu’il s’agit tout de même d’une “science” qui s’appuie sur des arguments qui sont des témoignages oculaires, des films ou encore des empreintes de pas, des poils, des plumes… là où un scientifique classique se complique normalement un poil plus la tâche pour démontrer la véracité de ses travaux. Si je te raconte demain que j’ai croisé une meuf très belle, qui sentait bon, qui savait lire, aligner des mots de plus de trois syllabes et qui en plus tenait l’alcool, et que qui plus est, je lui ai coupé une touffe de cheveux et même récupéré un tampax usagé dans la poubelle des chiottes féminines de la boite de nuit, pas de doute j’ai toutes mes chances pour devenir un cryptozoologue de renom. Enfin, en tout cas je suis dans l’esprit quoi!
La cryptozoologie s’étend apparemment à toute créature vivante d’une taille supérieure à celle d’une grenouille. Par contre, la découverte fortuite d’animaux comme cela avait été le cas par exemple en 2006, lors de la découverte d’un “monde perdu” en Papouasie Nouvelle Guinée, n’est pas considérée comme telle. Le cryptozoologue veut de la difficulté. Le cryptozoologue veut de la traque sinon rien! Toutefois, si le cryptozoologue est moqué par ses pairs scientifiques, l’insulte suprême consistant même à le comparer à l’ufologue (le traqueur d’OVNI), force est de constater qu’il a pourtant eu le dernier mot dans certains de ses combats. Ainsi, des animaux comme le Calmar Géant (décrit en 1857 par Japetus Steenstrup), le Panda géant (décrit en 1869 par Armand David) ou encore l’Okapi et même le Bonobo, ont longtemps vu leurs existences respectives être mises sur le compte de croyances populaires et de légendes avant de se révéler comme étant bien réelles.
Les cryptozoologues sont également très fiers de la découverte dans l’océan Indien du Cœlacanthe, un poisson considéré comme éteint depuis la préhistoire. Le poiscaille en question a en fait survécu dans une parcelle de zone très réduite et se déplace à des profondeurs très difficilement atteignables, le rendant par conséquent très peu accessible. Toutefois, des pêcheurs indiens se sont rendus compte qu’en faisant descendre leurs lignes à une certaine profondeur, il était possible d’en capturer plusieurs spécimens, pour le plus grand bonheur des cryptozoologues lassés que certains se foutent de leur gueule. Pour la petite histoire tout de même, personne ne remettait en cause l’existence passée de ce poisson contrairement aux animaux cryptozoologiques que sont le Yéti, le monstre du Loch Ness ou l’Alamasty, mais bon, on va pas jouer les rabats-joie non plus.
Jusque là on n’a pourtant parlé que de demi-victoires. Par contre si un cryptozoologue était un jour capable de démontrer l’existence de l’Almasty par exemple, cet homme sauvage assez proche du Yéti qui vivrait dans les montagnes caucasiennes, ne doutons pas que ça leur filerait un sérieux coup de main en terme de crédibilité. Attention toutefois, plusieurs personnes se sont déjà cassées les dents, sur la question de l’Almasty en particulier, comme Marie-Jeanne Koffman une chirurgienne moscovite, présidente de l’association de cryptozoologie de Russie, qui avait trouvé des fonds pour organiser une expédition franco-russe à la recherche de cet homme sauvage légendaire. L’expédition fut même présentée sur TF1 par Patrick Sabatier (bonjour la crédibilité pour le mouvement) et fut même cautionnée par Yves Coppens, professeur au Collège de France, visiblement hautement respecté. Mais au final, que dalle. Pas de trace concrète du bonhomme enquestion. Enfin tant que ça fait de l’audience, le reste chez TF1, on s’en bat l’oignon… En résumé donc, la cryptozoologie, ce n’est pas complètement de la couille, mais soyons clair, faut pas voir peur passer pour un allumé qui passe son temps à courir après un homme de néanderthal.
Je tiens enfin à présenter mes excuses à toutes les âmes pures et sensibles qui ont été choquées par l’illustration scabreuse et volontairement mysogyne du troisième paragraphe. Parce que pour reprendre les mots d’un célèbre parolier français, Femmes je vous aime.
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5 réponses pour le moment !? ↓
1 Edouard // août 21, 2008 at 19:23
Encore un article surprenant. Chacun courre après ce qu’il peut … perso le yéti c’est pas mon fantasme. Dans le genre du grand n’importe quoi la Cryptozoologie fait fort !
Faut payer j’espère pour devenir Cryptozoologue. J’espère que ce n’est pas passible de prison ces choses là.
the thing
2 oGhu // août 21, 2008 at 20:31
“Calmar est souvent confondu avec le mot espagnol calamar” (cf. Wiki) … tu es excusé, va. Mais change ton tag quand même
3 Le Yéti // août 21, 2008 at 22:09
Aaah le bigfoot vu dans google trends – c’était moi ! m’auront pas les enculais !
4 LE CHUPACABRA, ENCORE UN DES CES MONSTRES QUI NOUS VEUT DU MAL // avr 10, 2009 at 13:46
[...] des casquettes, hein, ne boudons pas leur plaisir. Enfin avec tout ça, y’a pas à dire, la cryptozoologie a de beaux jours devant [...]
5 HISTOIRE DE LA PLANTE CARNIVORE DE MADAGASCAR QUI MANGEAIT LES HOMMES // juin 25, 2009 at 2:22
[...] reprise une première fois dans un journal australien. Comme à chaque fois dans ces histoires de cryptozoologie, la contamination collective fut de mise et un récit similaire apparut sans surprise moins de dix [...]
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