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LE ZENTAI OU LA PRATIQUE DE L’AMOUR AVEC UNE CAGOULE EN SPANDEX

janvier 27th, 2010 · 15 Commentaires · Société

Zentai Spandex

Une vie ne serait sans doute pas suffisante pour passer en revue toutes les lubies, bizarreries et autres dégénérescences inhérentes à la société japonaise. De facto, les Nippons sont les champions universels à l’heure d’élaborer variantes de fétichisme et déviances sexuelles. Pourtant, en comparaison avec les amateurs de petites culottes de lycéennes souillées de cyprine et de pertes blanches et autres producteurs de sick porno – à l’instar de Genki dont la spécialité consiste à fourrer les vagins de jeunes filles consentantes de pieuvres et autres anguilles – les amateurs de Zentai ont tout d’une bande de petites frappes. Grand bien leur en fasse, ils n’ont visiblement aucun problème ça.

Originaire du Japon donc, le zentai – contraction de zenshin taitsu, un mot désignant un collant intégral en lycra – était initialement un vêtement un peu insolite utilisé pour dissimuler les marionnettistes des Bunraku, une variante théâtrale japonaise apparue au XVIIe siècle. Principalement utilisés en danse ou encore au cinéma, les zentai sont des combinaisons  généralement élaborées à partir d’un mélange textile entre nylon et élasthanne. Ces leggins American Apparel géants auraient pu rester longtemps l’apanage d’une petite minorité de saltimbanques si les créateurs de Sentaï – ces séries débiles pour marmots dont les héros masqués portaient des combinaisons moulantes, façon Bioman – n’avaient pas eu la sale idée de justement déguiser lesdits héros en pantins de nylon à la fin des années 70. L’histoire est ensuite classique. Une fois devenus adultes, nombre de ces gosses développent un panel de sentiments à la croisée de la nostalgie et du fantasme pour ces tenues. Ces sentiments se transforment alors en une forme de fétichisme relativement soft, et voilà comment une tripotée de Japs se retrouve à se titiller les tétons, cachés derrière des combinaisons de superhéros érotisés.

Zentai deutsch 1

Si nombre d’individus s’adonnent aux joies du zentai de manière parfaitement anonyme – pour des raisons évidentes – le mouvement possède un véritable pape en la personne de Marcy Anarchy. Fondateur de cette mouvance fétichiste en 1985, ce photographe japonais âgé d’une cinquantaine d’années a passé les vingt-cinq dernières années à alterner son temps entre photo-shoots artistiques et pratique d’une sexualité pour le moins étonnante, refusant catégoriquement de montrer son visage. Grâce à un travail, quelque part entre orgies de mannequins fluo dans des décors kitch – toujours à la limite de la prise amateur – et volonté de supprimer toute référence aux concepts de personnalité et de responsabilité individuelle, cet artiste aura fédéré un engouement autour d’un vêtement pour le moins atypique, en l’espace de moins de trois décennies.

Marcy Anarchy 1

Marcy Anarchy 2

Crédits photos: Marcy Anarchy

Véritable précuseur en matière d’esthétisme lycra et spandex, Marcy Anarchy a sans surprise entrainé plusieurs artistes dans son sillon à l’instar de la Néerlandaise Joanneke Meester ou du plasticien français Philippe Faure. Entre 2002 et 2004, Joanneke Meester s’est notamment fait connaitre des amateurs de zentai, en réalisant plusieurs vidéos mettant en scène des acteurs fondus dans des combinaisons intégrales de laine, mais recouvertes d’accoutrements plus “classiques” – vous jugerez ci-dessous par vous-mêmes hein – dans le cadre de postures quotidiennes.

Joanneke Meester

Concernant les tenues elles-mêmes, les prix moyens varient souvent entre 30 et 150 euros, selon leur complexité. S’il est assez difficile de s’en procurer pour les amateurs français – pensons business trois secondes, monter une boutique pour amateurs de Spiderman en France, c’est la ruine assurée – les Japonais eux disposent généralement d’un large choix dans ces sex-shops qui feraient pâlir de honte une Ségolène Royal. Aux dires des amateurs, la matière colle au corps et multiplie la douceur des caresses prodiguées par les partenaires sexuels. L’élasticité du spandex permet ainsi au zentai d’épouser toutes les formes et les courbes de l’anatomie humaine. En raison de l’anonymat conféré par cette combinaison intégrale, certains petits malins se font passer pour des femmes en se foutant des faux seins et en se dissimulant la quine entre les jambes au cours de parties de caresses hardcore où l’une des activités phares consistent à déverser des seaux de lubrifiant sur la gueule de ses partenaires. Rien ne valant une parole d’expert, ce témoignage relativement soft, glané aux cours de pérégrinations webesques, permettra aux esprits peu fertiles de bien saisir la portée de la pratique:

“Pour ma part j’accroche plutôt sur les tenues d’une seule couleur. Et délice suprême, j’adore quand il y a une ouverture pour voir les yeux de ma partenaire.  Pour l’avoir déjà essayé en douce compagnie, je peux vous dire que ce sont des moments uniques, très tendres et ludiques. Et pour aller plus loin, une fermeture éclair entre les cuisses permet d’atteindre les zones les plus sensibles, sans avoir à se déshabiller. On profite alors à la fois du toucher, et de l’esthétique du zentaï.”

Zentai deutsch

Au delà de l’esthétisme et des pratiques sexuelles propres au zentai, c’est avant tout l’idée de porter une seconde peau, la volonté manifeste de perdre son identité, qui semble dominer parmi cette frange fétichiste. Pour nombre de ses pratiquants, le zentai tient de la quête ultime d’uniformisation, quasiment le sacerdoce de devenir aussi lisse qu’un mannequin de boutique de prêt à porter. Les puristes l’apprécient d’ailleurs en règle générale dans sa version ultime, à savoir totalement fermée, celle qui ne tolère aucune ouverture et interdit par conséquent de fourrer ses doigts crasseux dans quelques cavités humides. La pénétration est ainsi exclue du jeu sexuel et résulte alors une impersonnalisation totale du fantasme, l’identité du partenaire étant quasiment impossible à deviner. Pour le reste, on nage légèrement dans la branlette intellectuello-sexuelle. Le zentai permettrait de livrer son corps sans dévoiler son âme et son identité sociale ou physique. Le corps devient l’unique centre d’attention, et finalement, comme le souligne assez bien Jaonneke Meester “On ne peut s’empêcher de considérer les personnages comme autre chose des coquilles vides”. Pour le reste, si le zentai vous intrigue mais que ça vous emmerde de dépenser cinquante boules dans une tenue, vous pouvez toujours foutre votre meuf dans un duvet et lui enfiler un sac plastique Monoprix sur la gueule.

A voir enfin, l’excellent reportage de Julie Terrasson réalisé pour tracks en février 2009 :


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15 réponses pour le moment !? ↓

  • 1 Alfie Bronx // jan 28, 2010 at 0:42

    Et pour ceux qui sont seul, ils se mettent devant la glace de la salle de bain avec un passe montagne, et ils se branlent avec une mouffle

  • 2 Julien // jan 28, 2010 at 0:57

    Les premiers adeptes ont déjà fait leur apparition en France, on peut les voir dans le sujet “J’y étais” à la soirée Demonia.
    http://www.konbini.com/jyetais2-motoblur-ep22

  • 3 Lycraboy // jan 28, 2010 at 8:38

    J’y etais moi aussi a la soirée demonia a la LOCO…je suis le grand mec interviewvé en zentai bordeau parmi mon groupe d’amis aussi en tenue lycra.. mon blog que j’ai crée en 2006 bien que j’ai accumulé 56 zentaïs depuis 1998:
    http://lycrazentai.blogspot.com

  • 4 Lycraboy // jan 28, 2010 at 8:43

    j’y etais , moi en zentai bordeau et kimono orange, le grand mec interviewvé par Konbini à la Nuit Demonia 2009, avec mes amis eux aussi en tenue en lycra de couleur…
    le zentaï ,je pratique cela depuis 1998 avec mes 56 teues achetées depuis 1998
    mon blog:
    http://lycrazentai.blogspot.com

  • 5 Guig // jan 28, 2010 at 12:23

    perso, ça me donne envie de leur dessiner des yeux et une bouche sur la gueule, genre gros smiley…

  • 6 Lycraboy // jan 28, 2010 at 18:20

    le zentaï; je pratique depuis 1998, avec mes 56 tenues achetées depuis le temps sur le net…j’en ai fait un blog: http://lycrazentai.blogspot.com

  • 7 Stoby // jan 29, 2010 at 1:20

    Encore un article bien Weird ! Mais tu devrai te lancer dans une espèce de “1 dimanche, 1 pratique” sur les japonais, tu aurais de quoi nous occuper… pfiou… 2ans ?

  • 8 Loïc H. Rechi // jan 29, 2010 at 2:53

    Alfie Bronx > Et acheter des gants Mapa.

    Julien > J’avais lu ça en faisant les recherches en effet…

    Guig > tu pètes le trip là…

    Stoby > Haha, c’est clair y’aurait de quoi de tenir longtemps. Très longtemps.

  • 9 Eric // jan 29, 2010 at 3:15

    Et après, on se demande pourquoi on peut pas te lire du bureau… Le tag “société” ne suffit plus par ici, faut que tu vises “déviances en tout genre” ou truc dans le style. Ceci dit, les japonais et le cul, ça pourrait faire un blog à lui tout seul comme thème.

  • 10 Loïc H. Rechi // jan 29, 2010 at 3:23

    Eric > Rah ouais ces blocages du net au bureau, c’est définitivement la plaie. Quant à la catégorie société, écoute, en cochant la case, je ne te cache pas que je me suis fait la même réflexion. D’ailleurs si t’as un peu de temps à tuer, je te recommande vraiment de mater le docu de Vice TV linké au début du post, ça te filera l’occasion de constater l’étendue des dégâts…

  • 11 uberVU - social comments // fév 1, 2010 at 21:43

    Social comments and analytics for this post…

    This post was mentioned on Twitter by mister_iopi: WTF. http://tinyurl.com/yceu9kb…

  • 12 Charlibi // fév 4, 2010 at 17:28

    Faut aimer enfiler, quoi.

  • 13 Maître Letour // fév 5, 2010 at 5:36

    Je tiens juste à signaler que cet article m’a aidé à résoudre mes problèmes d’impuissance. Merci.

  • 14 Lili Castille // fév 6, 2010 at 0:04

    Ca m’a l’air pas mal tout ça, malgré le reste, et pourquoi pas ?
    Mais une petite question me turlutte-pine : tôt ou tard la question sexuelle devient consubstantielle de la cavité, même dane le tantrisme, on finit pas une bonne vieille pénétration.
    Mais là, il est où le trou ? Je dirais même plus, où sont les orifices multiples qui donnent à l’amour tout son piment ?
    Les made in Japan seraient-ils les rois de la branlette ?

  • 15 Lycraboy // fév 6, 2010 at 11:11

    moi,je pratique pour delirer entre amis,mais aussi pour de simples carreses mutuelles,avec ma femme ,habillés tous les 2 en zentai…Y’a toujours l’option zip a l’entrejambe,trous a la cagoule si on veut se payer des moments coquins ,bien sur!!

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