Abstrait ≠ Concret

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LES TIRAILLEMENTS MODERNES DE LA SUEDE

avril 18th, 2011 · 17 Commentaires · Société


Des bouleaux et des sapins comme seule distraction visuelle. Le reste n’est une immense surface recouverte de la neige qui tapisse la Suède depuis plusieurs mois. Au milieu de ce tableau, un train qui file sans précipitation, habité par un noble dessein, fendre la monotonie et l’inertie de cette campagne encore endormie par l’hiver. Les dix-sept-heures de voyage qui séparent la capitale suédoise de ces quelques villes coincées au delà cercle polaire, sont propices à la rêverie. Ils laissent aussi tout le loisir de ressasser les impressions et digérer les discours entendus pendant les jours précédents.

Stockholm présente le même visage que quelques années auparavant, celui d’une ville plutôt moche. Comme à peu près toutes les capitales du monde, elle peut certes s’enorgueillir d’un petit centre historique agréable; l’ile de Gamla Stan est plaisante, apprêtée comme une Américaine avant son bal de fin de lycée. Mais pour le reste, sans atteindre l’horreur de Bratislava – pavillon modèle quand il s’agit de passer du mignon à l’infâme – les urbanistes locaux n’ont pas franchement de quoi se taper dans le dos en arborant le sourire blanc écarlate qu’on se plait à imaginer sur des prototypes de blonds aux yeux bleus.

Mais au diable l’urbanisme. C’est dans les tressaillements qui secouent l’ordre établi depuis des siècles que la Suède laisse entrevoir une petite bête difforme, intéressante à disséquer. Jour après jour, mois après mois, année après année, l’animal suédois fait sa mue, ce qui n’est forcément sans conséquence sur ses habitudes de petite bête qui se complaisait à se frotter le dos dans un lit tapissé d’une paille bien particulière, celle de la paix sociale. Ce petit pays – démographiquement parlant – de neuf millions d’habitants est bouleversé par la globalisation. Pas celles des marchandises non. Plutôt celles des comportements et des flux d’individus. Hier société huilée à la perfection, presque l’incarnation réussie du « liberté, égalité, fraternité » — respecte l’autre et la loi et ça roulera mon fils –  les Suédois doivent désormais composer avec un certain nombre de facteurs dont le contrôle leur échappe.

En matière d’immigration, la Suède fait preuve d’une tolérance qui ferait pâlir un Claude Guéant. Pour des centaines, parfois même des milliers de Somaliens, Afghans, Irakiens et autres oppressés du monde contemporain, l’état central de la Scandinavie devient chaque année un refuge inespéré. La commune de Södertälje en banlieue de Stockholm a par exemple accueilli 1268 réfugiés irakiens en 2007, soit plus à elle seule que des pays tout entier comme les Etats-Unis ou le Canada sur une période comparable.

Souvent dépeinte comme un pays d’accueil modèle, un étendard du savoir-vivre à l’européenne, un havre des bonnes manières, la Suède s’interroge. Et si son socle de valeurs traditionnelles était en train de vaciller? Les victimes des pires conflits de notre époque sont acceptées en nombre car à la différence de bien des pays libres, cet état parait investi d’une mission humaniste qui dépasse la simple posture de façade. Mais dans le même temps, ces nouveaux arrivants restent bien souvent confinés dans des quartiers situés loin des centres-villes, une logique qui n’est pas sans rappeler la nôtre. Si le pays n’a pas connu son printemps des banlieues et se contente pour l’instant de quelques voitures cramées par-ci, par-là, l’exaspération se fait sentir aussi bien chez les nouveaux arrivants, stigmatisés, que chez une frange de Suédois nostalgiques d’un écosystème qui fonctionnait très bien en circuit fermé. Zlatan Ibrahimovitch, footballeur star et fils d’immigrés des Balkans est sans doute l’un des rares à fasciner les deux camps. Reste que son accent croato-caillera – le garçon est né dans le quartier le plus tendu de Malmö – et sa violence récurrente à l’égard de ses coéquipiers ont de quoi traumatiser plus d’une bourgeoise bien-pensante.

En plein doute identitaire, la trouble question de l’immigration a donc finit par s’insinuer dans l’esprit de chaque Suédois, qu’il y soit réfractaire ou non. Et par rapport de causalité, le ressentiment intangible à l’égard des immigrés a fini par se traduire en votes bien réels. En septembre 2010, à l’issue d’une élection législative inédite par son résultat, un parti d’extrême-droite a réussi le tour de force de rafler des sièges – 20 sur les 349 – pour la première fois. En emportant 5,8% des suffrages – franchissant donc la barre de 4% requise pour avoir des députés au parlement – les Démocrates de Suède (Sverigedemokraterna) ont signé le double-exploit de séduire une part de l’électorat avec un programme xénophobe et populiste, tout en privant les deux coalitions principales d’une majorité absolue. Bien que marginalisé par tous les autres partis – à l’instar du Front National en France – la percée de Sverigedemokraterna s’inscrit dans la lignée de la progression constante des droites populistes européennes; à la différence notable qu’elle constitue un véritable séisme politique dans un pays qui s’est toujours signalé par un autre type d’extrême, celui de la modération.

L’extrémisme progresse car une partie de la société suédoise – traditionnellement assez fermée – semble nostalgique d’une époque où le pays évoluait dans une sorte de cocon. Le comportement d’un pan de la jeunesse de Stockholm est d’ailleurs à l’image même dudit confinement. Certains jeunes bourgeois vivant dans l’opulence de Norrmalm – la partie nord du centre – refusent catégoriquement de foutre les pieds à Söder, l’ile du sud du centre de la capitale, pourtant loin d’être un faubourg et d’ailleurs intronisée comme le repère des hipsters locaux. Cette trentenaire hyper-apprêtée, rencontrée au détour d’un club du centre, qui n’avait jamais foutu les pieds à Söder m’a légèrement laissé dubitatif. Le système hyper sclérosé des boites de nuit à Stockholm traduit également un peu plus cette tendance au communautarisme qui confine presque à la bêtise. Difficile – voire quasi-impossible – d’espérer rentrer dans un club en vogue sans connaitre le videur. Et cela n’a rien à voir avec des histoires, de sexe, de couleur de peau ou de manière de se saper. Tout repose sur une logique de préemption individuelle. Les amis de mes amis sont les amis du portier.

Autre ressort de cette nostalgie qui mène parfois au vote extrémiste, la mondialisation a sans doute un petit rôle dans l’histoire. Par la force des choses, les hordes universelles de touristes bouleversent le quotidien de chaque pays qu’ils envahissent. Face à l’impossibilité d’imposer aux allogènes le respect qui lie profondément le Suédois à la loi, ces derniers ont dû résoudre au fur et à mesure des années à mettre des barrières coercitives là où ils avaient toujours cru en la force de la pédagogie et de la confiance. L’exemple du métro à Stockholm est en ce sens assez significatif. Les Scandinaves ont fini par remplacer la ligne de démarcation tracée au sol – qui symbolisait l’entrée dans le métro – par des portiques toujours plus hauts, histoire de s’assurer que tout le monde paie bien son ticket.

Pour l’étranger de passage, la vision des expatriés français donne évidemment une grille de lecture qui a le mérite d’étoffer le jugement. Au cours d’un diner dans un petit appartement de Fridhemsplan, j’ai rencontré Armand, un drôle d’oiseau haut de deux mètres, le genre de type dopé aux sarcasmes mais doté d’un sens de l’humour qui mettrait un mec comme Bosso au chômage. A l’origine, ce grand antillais était venu en Suède pour rejoindre une locale et poursuivre sa carrière professionnelle dans le basket. Quelques années de plus dans les pattes et un marmot plus tard, le garçon bosse comme préparateur chez UPS. Flairant sans doute en moi le journaliste concerné par ce qu’on se complait à nommer la précarité intellectuelle, voilà qu’il m’entraine tout à coup sur un terrain où on ne trouve pas de paniers, ni de ballons orange, juste de la crevardise économique.

- Toi qui arrives de France, t’as vu l’émission du jeudi soir là, sur France 2?

- Envoyé Spécial?

- Voilà.

- Ouais, j’en ai vu un bout. Un truc sur des Roumains plombés par le sida?

- Non, pas ça, le reportage sur les stages en France, la précarité, tout ça.

- Ah nan.

- Et bah putain, j’ai halluciné. Ils suivaient une petite qui bosse dans la com en France. La meuf, attention, elle est super consciencieuse, elle arrive à l’heure tous les jours, elle taffe comme une ouf alors qu’elle est payée une misère, 400 euros peut-être. Mais tu sais ce que c’est le pire? Et bah le pire c’est qu’elle sait pertinemment qu’elle ne va même pas se faire embaucher. Elle est là, elle sait que derrière elle va être au chômage ou encore faire un stage mais elle continue à se pointer au boulot à l’heure et à se faire exploiter.

- Ouais, c’est tristoune mais bon, c’est partout pareil. Tu sais, je connais des mecs qui se tapent des pauvres stages d’un mois dans des grosses rédactions. Et tu sais pourquoi juste un mois? C’est tout con, c’est simplement parce qu’ils n’ont pas trouvé de meilleure technique pour embaucher des stagiaires sans avoir à les payer.

- Hahaha. Sérieusement, vous êtes des fous en France. Moi c’est pour ça que je reste là. Quand j’ai été embauché, un type a évalué ma situation. Il m’a dit « Vous avez tel âge, vous habitez à tel endroit et vous avez un enfant. On vous donne donc ça comme salaire. » Aujourd’hui, j’ai mon boulot pépère, on me fait confiance, j’ai un salaire plutôt pas mal et on ne me casse pas les couilles quand j’ai envie de prendre une pause clope, quand bien même j’en ferais dix dans la journée. Entre nous, qu’est-ce que j’irais me faire chier à retourner en France, pour un salaire de merde en bossant avec des cons?

Etat providence jusqu’au fond des tripes, la Suède est ainsi un pays qui possède une législation laborale fortement en faveur des citoyens. Elle peut se targuer d’avoir des entreprises qui prennent véritablement en compte l’intérêt de ces derniers. Mais la clé de la montée de la xénophobie réside sans doute aussi dans la peur des Suédois de perdre en qualité de vie au fur et à mesure que les immigrés affluent, toujours avec cette peur universelle de se faire piquer son travail par l’autre.

Dans un autre registre, on m’a présenté Jakob, un Suédois qui se farcit les paradoxes français et suédois à toutes les sauces. Né en Suède, ce blond à la tignasse rasée et à l’oeil espiègle, s’est retrouvé catapulté dès sa plus tendre enfance à Belsunce, quartier marseillais immortalisé depuis des plombes sous les coups de boutoirs lyriques de Bouga. Durant la vingtaine d’années passées sous l’oeil protecteur de Notre-Dame de la Garde, il bouffe du « blondin » à tire-larigot, tant il ne fait pas très couleur locale. Si Blondin devient un surnom inamovible, les petits lascars de Belsunce finissent par l’accepter et le respecter, ne manquant jamais de le saluer, quand bien même ils sont occupés à taper les portefeuilles de petits bolosses qui trainent du côté du cours Julien.

Les années passant, la vingtaine bien entamée, Jakob le Suédois de Mars a voulu voir comment vit-on au quotidien dans son pays d’origine. Photographe indépendant, il en chie aujourd’hui autant que n’importe quel mec dans sa situation en France et paie les factures en bossant pour des agences immobilières. Mais plus encore que les différences culturelles, Jakob déplore la froideur de ses compatriotes à son égard, et plus largement à celui de tous les étrangers. Ni complètement Français à Marseille, ni complètement Suédois à Stockholm, Jakob est constamment écartelé dans les contradictions de son itinéraire. S’il se délecte des moeurs sexuelles très libérées des Suédoises, il sait néanmoins qu’il risque à tout moment de se faire balancer aux flics par ses voisins. C’est que le Suédois – très à cheval sur la loi – n’apprécierait pas du tout que le mec d’à côté fume de l’herbe à la fenêtre de son appartement. Trop latin pour les uns, trop saxon pour les autres, Jakob cristallise assez bien les tiraillements migratoires de l’Europe, et les barrières mentales qui persistent malgré l’ouverture partielle des frontières.

Quelques jours après cette escale à Stockholm, dans cet autre train qui redescend des hauteurs de la Laponie et m’amène vers Lulea, sur les bords septentrionaux du golfe de Botnie, je réalise que je n’ai qu’assez peu appris sur la quintessence de ce drôle de peuple qui reste souvent de marbre dans l’échange; d’autant si l’on a pas été préalablement introduit. Après trois jours d’entretiens — pour une autre histoire – et de rencontres humainement pas très folichonnes – parfois à la limite du désagréable – dans la ville la plus au nord du pays, j’ai une pensée pour cet agent immobilier qui n’avait pas la réserve habituelle que j’ai perçu chez presque chaque Suédois. Pour la première fois en une semaine un inconnu m’offrait un café, en préambule de toute discussion. Des dizaines de minutes plus tard, il concluait:

« Dans le fond, c’est peut-être vous qui avez raison en France. Ici, en Suède, les gens ont tendance à trop la fermer, même quand quelque chose nous emmerde. Et ça créé du ressentiment. Ah si on se faisait comme vous et qu’on descendait dans la rue pour gueuler à chaque fois qu’on est pas content, ça nous ferait sans doute un bien fou. Vous ne croyez pas? »

Pour être honnête, je n’en sais foutrement rien.

LH.R

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17 réponses pour le moment !? ↓

  • 1 jesuisunblog // avr 18, 2011 at 17:07

    Ca fait du bien de voir un journaliste écrire « Je ne sais pas ».

  • 2 Valentin // avr 18, 2011 at 17:11

    C’est marrant, mais vraiment en lisant ça, j’ai carrément l’impression que la Suisse est un croisement entre la France et la Suède. Un coté bien propre en ordre nuancé par un pas vu pas pris qui se profile dès qu’on connait un peu les gens.

    Excellent article, comme tous d’ailleurs.

    Merci bien.

  • 3 Augustin // avr 18, 2011 at 23:55

    J’ai apprécié cet articles (comme tes autres d’ailleurs).

    Ça fait plaisir de voir quelqu’un qui prend la peine de s’intéresser aux gens, à leur vie et pas rester en surface.
    Ça permet de relativiser un peu et ça change de tous les clichés entendus sur la Suède.

    Merci pour tes articles.

    Bonne continuation.

  • 4 MHPA // avr 19, 2011 at 12:32

    Merci pour ce texte particulièrement éclairant.

  • 5 MHPA // avr 19, 2011 at 12:33

    Merci pour ce texte particulièrement éclairant sur un pays qui lui-aussi sembla s’assombrir.

  • 6 jules // avr 19, 2011 at 13:30

    Une fois de plus bon article.
    t’as profité de ton séjour en Suède pour « washer » quelques bières?

  • 7 MonsieurHyde // avr 19, 2011 at 21:56

    Très bon article! Perso c’est exactement ce que j’ai ressentie quand je suis allé en Suède. C’est assez asseptiser tout Ca. Bon je serais moin sévère que toi sur l’urbanisme mais leurs coté organisation de la ville donne le vertige. Je me suis étonné de pas voir les magasins rangé par ordre alphabétique. Bref! Au-delà de Ca j’ai sympatiser avec un franco-suédois dans le trains en Ecosses. Et il m’expliqué que quand il etait gamins il joué avec des softball(pistolet a bille) dans son quartier avec d’autre gamins et la police est passé, il s’est fait emmener aux poste pour détention d’armes (a 12ans) maintenant c’est sur son casier. Alors biensure la catégories de l’arme doit être précisé mais en Europe, quand c’est écris sur un casier il ne s’agit pas Dun jouer. Et le voilà emmerdé a chaque passage de frontière. Tout Ca pour dire que la Suède si souvent citée comme un modèle. Fait pas non plus trop l’idealiser. Merde! Il mettent des foutus panneau digital au-dessus de chaque escalator (dans le metro)pour dire si il monte ou si il descent??? Et les artistes de rue on les tues a leurs majorités? J’en ai pas vus. J’irais pas dire que c’est gattaca, mais j’vois pas ou la place au libre arbitres et a la responsabilition…
    PS: dsl pour les mots oubliées, les fautes…je suis sur mon phone et Ca serai vraiment chiant me relire et j’ai plus de sang dans les mains.

  • 8 Clémentine // avr 20, 2011 at 10:37

    Très bon article, merci.

    Je suis un peu perplexe sur le « sourire blanc écarlate » :)

  • 9 Kalle // avr 21, 2011 at 1:02

    Ce que je déplore chez mes presque compatriotes, c’est leur absence de courage lorsqu’il s’agit de clamer chez eux haut et fort ce qu’en privé, à l’étranger de préférence, ils constatent comme nous tous : la capacité d’intégration à la société suédoise s’arrête quelque part vers la Grèce. Au delà de cette frontière très fluctuante (Bosnie, Kosovo…), le mur de la civilisation en prend un grand coup… Statut des femmes, respect des lois et des libertés publiques, communautarisme effarant, racisme à rebours… Malmö, Gothembourg : que de foulards et de barbus au pays de Fifi Brindacier, avec son égalité de droits, son point G, ses trois langues obligatoires, etc.
    Mon presque pays a mal évolué, sur bien des points. Celui dont je me souviens a bel et bien vécu. Je me revois gosse, arriver à Hälsingborg et avoir le sentiment de débarquer – littéralement – sur une autre planète. Tout y était différent comparé à la France : les rapports entre les gens, leurs comportements personnels et sociaux, les villes (d’une propreté qui faisait ressembler Lausanne à Soweto), la bouffe aussi. Et les fermes ! Et les pasteurs ! D’un autre siècle, vraiment. Je veux dire : parfois voyage dans le futur, parfois une peinture de Carl Larsson. Quand je suis allé au Canada et aux Etats-Unis pour la première fois, à la fin des années 70, j’ai eu le sentiment de me balader dans les patelins du Kronoberg : maisons de bois parfaitement entretenues, pelouses consciencieusement tondues, sans barrières, pick-ups rutilants (certes pas des Chevy, quoi que…), drapeau national devant chaque habitation. Les migrants ont laissé aux Etats-Unis une profonde empreinte – et pas seulement dans le Minnesota ! Bon… tak pour cet article, ça m’a fait des petites vacances dans le passé ! Keep on !

  • 10 beershop // avr 27, 2011 at 15:50

    La Suède est comparativement à la France beaucoup moins tiraillée par différentes politiques sociales, économiques, d’immigration… En Suède la situation est plus simple. Comme tu le fais remarquer ils sont loin de tout comparé à la France qui est un carrefour. L’évolution de la société se fait donc au ralenti d’ou certains anachronismes criant…

    L’ex-basketteur est satisfait d’avoir un boulot « pépère » comme il dit, au sein d’un grand groupe en mode « all inclusive », ce qui est pas forcément l’idéal de chacun même si pour tailler la route il faut se taper des stages à 400 euros…. Question de mentalité.

  • 11 franco-suédoise // mai 15, 2011 at 22:59

    Je me permet juste de dire que Stockholm est une ville magnifique avec une situation géographique extraordinaire (voire mon blog, haha!). Une ville construite sur plusieurs îles en plein milieu d’un lac je trouve ça plutôt cool. Il y a la nature, le côté urbain et des tas de perspectives géniales grâce aux ponts, aux îles et aux hauteurs de Södermalm. Et les gros bourges viennent plutôt d’Östermalm (Stureplan, Karlapla et co). Sinon je suis assez d’accord pour dire que Stockholm est une ville de riches où on voit finalement peu d’immigrés et où il n’y a pas cette vie un peu « populaire ». L’extrémisme de la modération c’est vrai aussi, ya même un mot pour ça en suédois, « Lagom » qui veut dire juste assez, et qui vient du mot « lag » qui signifie la loi. C’est vrai qu’on respecte beaucoup la loi en Suède, en particulier celle du groupe. C’est mon impression. Récemment j’ai découvert la loi de Jante qui illustre et pourrait confirmer cette impression. Il ne faut pas se distinguer de la masse. C’est bien d’être comme les autres. Encore beaucoup de choses à dire, je crois que je vais écrire un article ! sinon il est bien le tien ! mais on aimerait savoir un peu plus sur quoi tu t’appuies pour dire tout ça…

  • 12 tomagladiator // mai 19, 2011 at 13:38

    Excellent post. ça vaut la peine d’attendre.
    merci

  • 13 inconnue // mai 19, 2011 at 13:43

    ironie ?

  • 14 Kerry James // juin 11, 2011 at 17:33

    Ca faisait un moment que je n’étais pas allé sur ce site, je constate avec bonheur que la qualité est toujours là, bravo.

    La Suède c’est un peu la prophétie de Foucault réalisée, pas étonnant qu’il ait lui-même passé plusieurs années à Uppsala. Le surhomme entrepreneur de lui-même augmenté génétiquement et nourri au lait de soja, c’est de Suède qu’il viendra et pas d’ailleurs.

    Pour connaître la Suède (très peu) et les USA (un peu mieux), bien qu’étant de gauche, tendance vieux con de gauche paléomarxiste, je préférerais cent fois vivre au Texas plutôt qu’en Suède.
    Quid du modèle suédois ? Franchement, qu’est-ce qu’on peut attendre d’un pays qui a interdit la fessée depuis 1979 ? Comme ailleurs la gauche suédoise est noyautée par une vieille morale chrétienne ultra-conformiste drapée de « tolérance ».

    Les Suédois ont leur a coupé les couilles à la naissance, ils ne sont jamais ridés et même leurs clochards parlent anglais, quant aux suédoises si elles sont aussi libérés sexuellement c’est uniquement parce qu’elles font l’amour par hygiène. Ce pays c’est le meilleur des mondes ! Faut le fuir ! C’est l’empire du bien !

    Ok, pour retrouver le sérieux que mérite ce sujet, il faut savoir que l’Etat providence suédois a été constitué dans les années 30 en se réappropriant tout un univers de références ethniques (ils l’appellent Folkhelm soit « foyer du peuple », c’est un peu ce qu’est à l’automobile la Volkswagen), à une époque où les sociaux-démocrates ratissaient jusqu’aux mouvements de tempérance (des ligues de vertu anti-alcooliques) sans oublier les eugénistes (la Suède a été l’un des derniers pays occidentales à stériliser les handicapés mentaux, jusqu’en 1975).
    Voir là-dessus les travaux de Piero Colla, un historien italien qui a bossé sur la genèse de l’Etat providence suédois. Je vous assure que c’est un véritable cauchemar, si des ultra-libéraux tombaient là-dessus (heureusement ces gens là n’ont pas de temps à perdre à lire) ça ferait autant de tort à la social-démocratie que l’Archipel du goulag en a fait aux soviets.

  • 15 Kalle // juin 11, 2011 at 23:39

    Cher M. Kerry James,
    même si j’ai vocation à conchier les paléomarxistes, je vous remercie pour cette contribution éclairée. Oui, vous avez raison : la Suède est, sous des dehors ultra lissés, le pays de tous les paradoxes… On y prône l’abstinence alcoolique (on sait trop bien là-bas qu’il y a derrière chaque luthérien sobre qui psalmodie, un viking ivre prêt à tout casser), abstinence vertueuse qui n’empêche de stériliser les diesel (attitude encore plus vertueuse, d’ailleurs, sans vouloir faire mon Allende).
    Il est bon de savoir – entre vieux cons – que la Suède ne peut se comprendre que du dedans. C’est une condition sine qua non. Dans le cas contraire, autant dire que dans 99 % des cas, les médias ont tendance à fabuler et à tirer des leçons définitives sur l’âme scandinave au regard de l’interdiction de ceci ou de la promotion de cela, toutes choses inconcevables au pays des Gaulois. Et je ne vous parle pas des vents qui soufflent sur ce beau pays des Suèdes, souffle qui fait bruisser les feuilles de bouleau et craquer les branches de sapin.
    Là-bas, la poésie a survécu, croyez-le.

  • 16 تاكو الألعاب // nov 27, 2011 at 19:05

    It’s a topic a wonderful and distinctive you can follow up with us

  • 17 Merci les Anglais! · Donjon et Jardin // juin 20, 2012 at 14:46

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